Les modèles internes : interdits ?

La BCE lance une importante revue des modèles internes (TRIM Targeted Rewiew of Internal Model) !

Après leur introduction en 2001 par le régulateur bâlois, les modèles internes que les banques européennes utilisent désormais pour calculer leurs fonds propres au titre du pilier 1 ont très vite abouti à des résultats différents pour des expositions pourtant similaires d’un établissement à un autre. Et comme ces modèles sont bien souvent accusés d’être trop complexes, il est difficile d’affirmer que les risques de crédit, de marché et de contrepartie auxquels les banques sont exposées soient correctement pris en compte dans le calcul des charges de capital.

Leur usage pour les besoins règlementaires étant aujourd’hui controversé, le régulateur européen a pris l’initiative de lancer un programme de revue de l’ensemble des modèles internes homologués au sein de 68 institutions européennes « significatives » qu’il supervise directement. Dans la continuité des discussions soulevées par Bâle III sur le sujet, le banquier central souhaite vérifier que ces modèles fonctionnent bien dans le respect de la règlementation actuelle (CRR, CRD IV, RTS, guidelines BCE / EBA, etc.), modélisent correctement le risque et permettent d’obtenir des résultats cohérents tous établissements confondus. L’objectif de TRIM n’est donc pas nécessairement d’engendrer une surconsommation de fonds propres.

Pour autant, peut-on craindre que les modèles internes soient interdits une fois l’étude terminée ?

Pas nécessairement. TRIM a pour but de restaurer la crédibilité des modèles internes dans le rôle qu’ils jouent en matière de maîtrise des risques encourus au sein du système bancaire. Les manquements identifiés lors des contrôles devront par suite être corrigés par les banques sur la base du rapport que la BCE prévoit d’émettre à partir de 2018 pour faire connaître la conclusion de ses travaux aux audités.